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Nous avons emprunte Ce titre est celui d'un texte historique rendu par le Pr de philosophie S.P.Guèye, pour servir de discours d'usage lors d'une distribution des prix en 1976 au lycée Faidherbe de St Louis ou il enseignait la philosophie.  

La cérémonie devait être présidée par le Chef de l'Etat de l’époque, le Président Léopold Sédar Senghor.    

Lorsque ce dernier reçut le projet de discours, il s'adressa , par l'entremise du Ministre de l'éducation nationale de l'époque, Mr Kader Fall,  en ces termes au Professeur de Philosophie ': ....l'intelligence du texte que vous avez soumis a ma lecture m'amène a vous retirer ma confiance....!  

Ce n'est pas l'objet de notre propos de faire ici le procès de Senghor qui abhorrait - c'est connu-  la critique de son régime ! Il partage cette aversion de la contradiction avec celui qui vaille que vaille s'acharne aujourd'hui a se faire son succédané !

 

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Le professeur  était a l'époque le gourou des jeunes générations lycéennes contestataires  de la terreur senghorienne des années  1970 particulièrement dans le microcosme  politique contestataire  saint-louisien. Il avait eu le joli prétexte d'avoir été choisi parmi ses pairs pour s'adresser au Président Poète.

 

Il saisit l'occasion pour faire l'état de l’école, l'état des libertés publiques et l'état du droit !  L'école ce creuset de tous les paradoxes et des injustices de notre société post colonial avait déjà  pris le devant de la lutte qui fera partir Senghor en 1980. Senghor savait que cette adresse était subversive et naturellement il n'avait pas aimé ça !

Les libertés publiques étaient confisquées par l'état néo colonial post 1968

Le droit assujetti a l'idéologie réactionnaire de la pensée unique senghorienne

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Mes souvenirs ne sont plus tout a fait exacts mais je crois que  ce texte historique sera publié par le Journal And Sopi  dont j'avais plus d'une vingtaine d'années  soigneusement archive la coupure mais  imprudemment hélas abandonné  " a la critique rongeuse des souris " .! Comme du reste tant de pièces d'art  et morceaux d'architecture de cette période de lutte révolutionnaire. Il ne se passait pas un jour ou on ne pouvait se délecter des chefs d'œuvre de Amath, Mbaba Guissé, Samba Diouldé , Abdoulaye Elimane Kane etc...

 

 En substance Le Professeur avait plaidé dans son texte pour un surcroit de raison pour fonder un véritable Etat de raison, et profilait les conditions pour cela. Mais c’était  trop demander au Président Poète imbu de son orgueil légendaire presque condescendant sur les intellectuels de l'époque qui osaient défier son magistère engluée dans une idéologie néocoloniale malgré le vernis socialiste africain! Sic !

A l'époque le Parti de Contribution libéralo -travailliste travaillait cote a cote avec l'UPS avec laquelle il partageait déjà les prébendes politiques dans une sorte de société de joint- venture pour faire échec et noyer les luttes populaires dans les joutes parlementaires.

 

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C'est ça la vraie histoire de Mr Sopi: c'est une escroquerie qui a été vulgarise. Il n'y a jamais eu ...26 ans d'opposition ! L'opposition qui a poussé Senghor au départ et Diouf au multipartisme intégral était dans les planques.

L'Etat Néo colonial de Senghor ne s'accommodait d'aucune contestation mais la lutte s'organisait patiemment à travers les mouvements d'avant-garde malgré les divisions idéologiques , l'objectif commun n'était jamais occulte !

La gabegie faisait rage dans les hautes sphères de l'Etat, les détournements de milliers de conventions de prêt au profit de certaines figures actuelles de l'ancien régime seront plutard révélés a l'opinion par le Ministre des Finances Mamoudou Touré a l'avènement de Abdou Diouf ! C'est comme si c'était hier et c'est pourquoi les mouchoirs blancs de certains nous donnent la nausée ! Nous avons le devoir de ne pas oublier que certaines fortunes actuelles fièrement exhibées ne sont en réalité que le fruit de la rapine savamment organisée a l'époque par un régime compradore qui reposait sur le consensus bâti entre les différentes féodalités économico - religieuses et politiques qui  gouvernaient l'état néo colonial senghorien .

 

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Lorsque Abdou Diouf remplace Senghor, l'espoir qu'il avait suscité de par le parcours sans faute qui lui était attribué, a savoir comme haut commis de l'état émérite, indiffèrent aux richesses et nationaliste s'évanouit aussi vite qu'il fut porte !  Entretemps même le légendaire Cheikh Anta Diop se laissa prendre et déposa ses armes devant la candeur que Diouf dégageait ! Les premières mesures annoncées par Diouf d'éloigner les forces rétrogrades et prébendières des arcanes de l'état suscitaient l’engouement. Hélas cette nouvelle espérance fut de courte durée. L'affairisme politique et financier repris de plus bel et la loi sur l'enrichissement illicite fut enterrée vivante comme un mort -ne !

 

L'état compradore s'adapta et la gabegie s'installe à nouveau. Comme une fatalité !

Les mesures d'ajustement structurel  " moins d'état , mieux d'état" aidant , la sphère de l'état se rétrécit comme peau de chagrin avec la destruction systématique de tous ses leviers dans l'économie faisant la place a une cohorte de charognards qui s'emploieront a dépecer le cadavre .

A la fin des années 90, la mondialisation qui avait amené dans sa gibecière le libéralisme triomphant finit par achever le peu d'industrie néocoloniale qui existait faisant la place a une économie d'importation tout azimut de toute la pacotille de biens manufactures en Asie du Sud Est ou avait été  délocalisée toute la production mondiale.

 

En 2000, soit 20 ans après le départ de -L.S. Senghor, a l'avènement de l'Alternance, il n'y avait presque plus de Services Publics : l'encadrement du monde rural, l'école publique, le secteur para public, tout était défait et en lambeaux.

Les institutions étaient également sévèrement atteintes ! Il n'y avait plus d'Etat que la Présidence de la République, et, au moment des Elections de Février 2000, tous les protagonistes promirent de mettre fin a l'hyper présidentialisation du Régime socialiste ! Il n'y avait plus d'Etat, il n'y avait que le Président.

 

2000. Les sénégalais révèrent de nouveau ! Un nouvel espoir était né sur la base d'un monstrueux malentendu entre la gauche historique et le Chef de l'internationale libérale.

 

12 ans après ou en sommes-nous au point qu'une importante frange de la société sénégalaise en arrive à regretter ...  L'Etat de Diouf et même celui de Senghor ?      

 

 

... En Février 2012, vous avez le choix, faites le bon choix car " on ne se trompe pas dans l'élection d'un Président de la république ! "  

 

 

POUR UN ETAT DE RAISON, 

 

  Paix a ton âme  et Merci Professeur ! 

 

 

(A suivre)

Tag(s) : #De la société et de l'homme au Sénégal dans l'histoire

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