Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

IMG_20121129_133217_0.jpg

" Ce petit sachet de café (Nescafé) vendu en détail coûte 25 FCFA et il en faut au moins 4 pour avoir une dose d'une densité moyenne pour certains consommateurs amateurs des doses fortes. La tasse de café-Touba déjà préparé coûte 50 FCFA et il existe une tasse plus petite pour 25 FCFA"

Aujourd'hui, rien, pas même le riz, n'est aussi demandé et consommé que ce Café-Touba dont les saveurs et les vertus réelles ou supposées, profondément dénaturées par la crise, changent d'un endroit à l'autre, d'un préparateur à l'autre. Du matin au soir, dans les maisons, dans les écoles, dans les marchés, dans les garages, dans les gargotes, dans les restaurants à ciel ouvert, dans les «tanganas», dans les rues, partout, à longueur de journée, tout le monde demande du Café-Touba. Parce que Serigne Touba l'aurait béni? A cause de ses vertus? A cause de son goût? A cause de rien de tout cela. A cause de quoi donc? A cause de la pauvreté et du processus d'appauvrissement de l'écrasante majorité des ménages et des individus dans les villes sénégalaises.

 

 

Quand Serigne Touba «inventait» le Café-Touba, c'est un autre café qui dominait le marché, la consommation des ménages et celle des individus en milieu urbain. A l'origine donc, le Café -Touba est bien le café de la campagne, le café des paysans et surtout des paysans wolofs. A cette belle époque, le petit déjeuner du paysan sérère était fait de couscous fumant accompagné de sauce de haricots ou d'autres fruits et feuilles de cueillette et ensuite de lait frais venant des enclos.



A la très belle époque révolue depuis bientôt des années et dont le retour est très improbable, quand dans le menu du petit déjeuner des ménages les plus modestes en ville on trouvait du sucre, du beurre, du chocolat, du lait, du fromage et d'autres ingrédients en quantité et en qualité pour tous, même pour l'étranger ou pour les étrangers qui arrivent à l'improviste, le Café-Touba était presque inconnu de beaucoup ou alors pas aussi familier.



Aujourd'hui, rien, pas même le riz, n'est aussi demandé et consommé que ce café dont les saveurs et les vertus réelles ou supposées changent d'un endroit à l'autre, d'un préparateur à l'autre. Du matin au soir, dans les maisons, dans les écoles, dans les marchés, dans les garages, dans les gargotes, dans les restaurants à ciel ouvert, dans les «tanganas», dans les rues, partout, à longueur de journée, tout le monde demande du Café-Touba.



Parce que Serigne Touba l'aurait béni? A cause de ses vertus? A cause de son goût? A cause de rien de tout cela. A cause de quoi donc? A cause de la pauvreté et du processus d'appauvrissement de l'écrasante majorité des ménages et des individus dans les villes sénégalaises. Comme le principe «plus cher plus bon » est un principe économique objectif, sauf si l'acheteur est non averti et le vendeur un truand, il faut en conclure que le Café -Touba est dans une belle époque à cause de la pauvreté et de l'appauvrissement croissant des ménages et des individus. Et pour profiter encore de cette pauvreté du plus grand nombre, l'industrie qui se détourna longtemps de l'objet commence à s'en emparer.



Tag(s) : #De la société et de l'homme au Sénégal dans l'histoire

Partager cet article

Repost 0