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Au commencement, la lutte et les lutteurs vivaient au Sénégal dans de paisibles villages de paysans, d’éleveurs et de pêcheurs sérères, après les activités économiques de base. Ce sport était alors un loisir personnel et collectif. Aujourd’hui, les médias, le capitalisme, et la politique en ont fait leur objet, et les jeunes utilisent ces voies, pour s’affirmer individuellement et collectivement.

Qu’est-ce que la lutte sénégalaise ? La lutte sénégalaise est un sport de contact qui oppose deux adversaires. Elle peut se faire sans frappe, comme dans sa forme traditionnelle chez les sérères, ou intégrer la boxe, comme dans sa forme moderne. Les formes de la chute sont nombreuses.

Un sport, un loisir et une séance de divination, chez les sérèresLa lutte et la chasse sont dans la culture sérère, des sports et des rituels très anciens, des moments de loisir individuels et collectifs après les activités économiques de base, notamment l’agriculture, l’élevage et la pêche. Selon Henry Gravrand, le roi du Sine devait lutter avec le gardien du temple des Pangols de Diomaye Niane, et cette lutte était une séance de divination.

Un sport, un métier, un objet des médias, du capitalisme et de la politiqueChaque samedi et chaque dimanche au moins, il y a au moins trois combats de lutte à Dakar. La lutte est aujourd’hui le sport le plus médiatisé par les radios, les télévisions et certains sites d’Internet, qui, en élargissant les dimensions des arènes, élargissent aussi leur audience, comme les sponsors capitalistes et politiques. Le dernier cachet du combat du "Roi des arènes", devenu "Khalife général" des arènes est de deux cents millions de francs, CFA.

La loi des arènes du capitalisme, c'est vaincre ou disparaîtreComme partout dans ce monde moderne, où il y a de l’argent, et surtout l’argent du capitalisme ou l’argent de la drogue, c’est la guerre de tous contre tous, pour gagner plus d’argent, de popularité, pour les lutteurs, pour les promoteurs, les sponsors et les médias.

Qui sont les lutteurs ? Aujourd’hui comme dans le passé, ce sont toujours des jeunes, mais ce n'est pas le manque de travail et l'oisiveté qui étaient les conditions du développement de la lutte. Les arènes sénégalaises sont devenues des lieux et des moments, pour vider un trop-plein d'énergie personnelle et collective négative, dans un monde extérieur devenant de plus en plus hostile, à la jeunesse du pays.

Publicité d'un combat avec affiche et animation publique dans une rue
Tag(s) : #De la société et de l'homme au Sénégal dans l'histoire

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