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Depuis les travaux du médecin français Jean Itard en 1803 sur des enfants appelés sauvages -Kamal, Amala et Victor de l’Aveyron, il est admis selon Lucien Malson dans son ouvrage Les enfants sauvages, que « l’homme n’a point de nature mais qu’il a ou plutôt est une histoire »et que le cadre de cet histoire c’est à la fois le monde naturel ou physique, mais aussi et surtout l’espace de la société. On pourrait donc dire que tous les hommes naissent égaux en faiblesse en ce sens qu’aucun d’entre eux ne peut réaliser une forme particulière d’humanité en dehors de ses semblables. Pourtant, la société est un foyer de différences artificiellement créées par les hommes. Les castes et les classes sociales dont parle Karl Marx sont les preuves de ces différences. Cet article se propose de présenter les trois castes produites par la société sérère traditionnelle.

 

1. Qu’est-ce qu’une caste ?

 

Une caste est une subdivision d’une société composée d’un ensemble de femmes et d’hommes définis socialement et collectivement par une essence ou un ensemble de traits caractéristiques touchant leurs comportements, leur morale, leur éthique qui les distinguent des autres et qui, en vertu de leurs caractéristiques naturelles ou acquises, positives ou négatives, sont interdits ou s’interdisent de mener certaines activités, d’entretenir certaines relations les femmes et les hommes des autres groupes sociaux ou castes extérieurs sous peine de rejet par leur groupe ou de sanctions.

 

2. Des trois castes de la société sérère traditionnelle

 

Dans la société traditionnelle sérère, dans l’aire culturelle de Ndiaganiao, il y a deux grandes castes : celle des « Sinig » et celle des « Gawoul » ou griots. La caste des sinig est divisée en deux sous castes ;la caste des « sinigs propres » et la caste des « sinigs non propres ».L’adjectif « propre » signifie non mélangé avec l’extérieur ou avec l’étranger, non métissé. Dans cette société ancienne, les mariages sont endogamiques.

Chacune de ces castes s’adonnait à certaines activités. Ainsi les castes des griots qui constituaient celle des maîtres du tambour, du langage et du discours, de l’éloge .Les griots, aussi bien les femmes que les hommes d’un certain âge, étaient aussi les mémoires fidèles de l’histoire de chaque famille qu’ils narraient aux membres et publiquement dans certains évènement sociaux comme le baptême, la circoncision et les funérailles. Les femmes de cette caste étaient excellaient aussi dans la poterie et fabriquaient divers objets en argile cuite servant utilisés dans différentes activité : des canaris pour puiser et pour conserver l’eau ou des semences,des vases pour le bain,des pipes, etc.En général, dans chaque village, la concession du griot était généralement à côté de la concession du chef du village et elle se déplaçait quand ce chef qu’il suivait se déplaçait. Cette caste était presque exclue de la propriété des moyens de production puisque ses membres n’avaient pas de terres propres ou n’en avaient que très peu. D’ailleurs les femmes de cette caste passaient de maison en maison pour avoir du mil ou du couscous ou d’autres produits alimentaire qu’elles n’avaient. Cette caste n’avait pas non plus du bétail ou des chevaux. Les deux autres castes des sinigs propres et celle des « sinigs non propres »menaient les mêmes activités et avaient un accès égal aux moyens de production. Mais leurs membres ne se mariaient pas entre eux. Jusqu’à aujourd’hui, quand les circoncis en initiation dans le temple de l’institution du « Ndut »,mot qui se traduit littéralement par le mot Nid- se mettent en file indienne, le dernier de la file est toujours un griot et dans la hutte d’initiation les griots ne mangent pas dans le même plat que les autres au moment du service du repas collectif distribué dans différentes calebasses selon les différents groupes sociaux à l’intérieur. Aujourd’hui, il est encore extrêmement rare de voir un mariage entre un « sinig » et un Kawoul (un griot), mais l’interdiction du mariage entre « sinigs propres » et « sinigs non propres » est presque levée par les choix individuels des nouvelles générations.

 

 

 

 

Tag(s) : #CULTURE

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