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Hier, un franco-sénégalais révélait ou peut-être inventait l’existence d’une demande de secours à l’armée française pour sauver un régime en danger au Sénégal, comme si le Sénégal n’avait pas une armée républicaine capable de défendre l’intégrité de son territoire nationale, comme si les braves Jambars de notre armée étaient dépassés par la puissance d’un ennemi étranger qui veut usurper les terres de sa république. Certains qualifièrent cette information d’intoxication pour des mobiles inavoués.

Le contingent de soldats qui débarqua dans la capitale sénégalaise ce lundi 21 novembre 2011 n’est pas un contingent imaginaire, mais un bataillon de vrais soldats, lourdement armés disaient et disent encore fièrement et avec beaucoup d’assurance, ceux qui firent appel à ces tueurs de la démocratie, de la liberté des citoyens de tout pays à délibérer sur les affaires qui regardent la vie des individus et celle de la nation. Ils descendirent dans un territoire étranger sans aucun mandat d’une instance internationale. Ils s’engagèrent donc d’eux-mêmes et on ne pourrait pas en vouloir à la France ou à une autre puissance étrangère qui est encore nostalgique des périodes de l’esclavage. Ils choisirent comme tout mercenaire dans une guerre, de monnayer leur pouvoir.

Ils descendirent tous avec des armes mortelles, celles de la sophistique politicienne. Ils commirent un double crime ou alors tentèrent tous d’assassiner l’autorité et la crédibilité de nos juristes et particulièrement de nos constitutionalistes. Ils déposèrent aux portes du Conseil constitutionnel sénégalais une bombe plus dangereuse que la lettre du jeune Malick Noël Seck.

En se décidant, librement je suppose, de descendre au Sénégal pour défendre la validité de la candidature d’un citoyen qui eut lui-même, en toute connaissance de cause et en toute lucidité, à proclamer que la Loi impartiale ne lui permettait pas d’être candidat à l’élection présidentielle sénégalaise prévue pour le 26 février 2012, au terme de son deuxième mandat en cours, ces constitutionalistes étrangers ont pris une très grave et historique décision autant que ceux qui auraient fait appel à eux.

Demain, si jamais le pays bascule dans la terreur, personne ne pourrait plaider leur innocence. D’ailleurs le pays est déjà dans la terreur, car c’est une grande catastrophe que de voir les juges se détourner de la vérité impersonnelle pour sombrer et entraîner dans leur chute, le pays tout entier dans un naufrage dont personne ne peut calculer d’avance les conséquences.

C’est une grande catastrophe certainement dans la conscience de ce physicien et épistémologue français, Jean Ulmo qui écrit dans La pensée scientifique moderne ,que « la notion de vérité est au fondement de la vie personnelle et de la vie sociale ».Car ces mercenaires du droit n’ont fait rien d’autre que de tenter de nier au sénégalais tout court et aux constitutionalistes sénégalais l’intelligence et  l’honnêteté nécessaire pour entendre et suivre le Législateur sénégalais. C’est pire que ces crimes sauvages qui séparent la tête du reste du corps. C’est une tentative de génocide.

Le juriste n’est pas seulement une grande mémoire ou une grande armoire de lois, d’articles, de décrets, d’alinéas ou un grand interprète du sens et de la portée de ces choses du droit. Un juriste est avant tout un homme de principe, une âme qui craint de faire du tort à soi-même, à autrui et surtout à la vérité qui nourrit l’homme et qui sert de fondement  à sa vie. Si ces mercenaires du droit avaient une parcelle de pouvoir  sur d’autres soldats armés de mitrailleurs ou d’autres armes d’extermination de peuple, ils n’hésiteraient certainement pas de les envoyer chez nous.

Socrate n’aurait jamais fait appel à des juges étrangers pour défendre sa cause : il préféra aimer les lois de sa cité et se plia au verdict de ses juges qu’il ne cessa de respecter malgré le sort qu’ils lui réservèrent.

Cet appel ultime me ressemble à celui d’un malade condamné à mort qui pense que la mort vient, il y a toujours un médecin moderne ou un sorcier capable d’empêcher à Dieu ou à un peuple de reprendre ce qui est avant tout à lui avant d’être confié à une personne ou à un groupe de personnes.

Les membres du Conseil Constitutionnel auraient-ils peur après cette descente de mercenaires recrutés contre eux ? Je ne le crois pas car le sage est toujours celui qui n’a peur que du contraire de la vérité et de la justice.

 

Tag(s) : #De la société et de l'homme au Sénégal dans l'histoire

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