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1.     Ce que nous trouvons dans chaque forme particulière de crise

Il y a crise lorsque soudainement ou de manière prévisible et attendu parce que conforme à la marche de son histoire, une ou un contingent de forces de déstabilisation font irruption dans son corps ou dans son territoire en y attaquant de manière sévère ou profonde et grave, les bases de sa constitution ou de son fonctionnement ou de ses relations et le précipitent dans un état inconnu et indésirable caractérisé par le déséquilibre ou la stagnation ou même la mort.

2.     Des causes de chaque forme particulière de crise

La crise est toujours due à un désaccord, un conflit entre un gardien de l’ordre et un agresseur venu de l’extérieur et d’un monde inconnu avec des propriétés inconnues. Il y’a crise dans l’espace individuel ou collectif parce que les forces qui assuraient la sécurité de l’espace ont été surprises et vaincues par l’envahisseur. En ce sens dans la médecine, la persistance du Sida est une période de crise, de mise en échec relative de la médecine. En d’autres termes encore, il ya crise quand il n’y a plus adéquation ou plus précisément quand il y a une inadéquation manifeste, grave ou légère , pathologique ou dans l’ordre des choses, entre ce qui est là posée dans la nature ou dans la culture, dans la pensée ou dans l’action, et ce qui  fait son entrée dans l’espace ordonné. Dans tous ses domaines, le principe de la crise est invariable : elle éclate toujours dans un sens pathologique ou normal conforme aux lois de l’évolution, lorsque l’ordre actuel qui gouverne le corps naturel ou l’organisme naturel ou artificiel dans l’action ou dans la pensée, rencontre quelque chose qu’il est incapable de digérer parce que inconnue de son estomac, quelque chose qu’il est incapable de comprendre et donc de dépasser. C’est pourquoi le moment de la crise est toujours un moment d’angoisse et de peur voire de désespoir.

 3.     L’appel des forces de réserves de la vie

Aucun être vivant, ni animal ni parmi les hommes ou parmi les peuples ou parmi les Etats ne se laisse détruire sans rien faire : c’est une leçon de Spinoza très facile à expériementer. C’est pourquoi aussi toute crise est un appel à une mobilisation exceptionnelle des forces de réserves de la vie individuelle ou de la vie sociale. L’adage le dit : « nul ne se connaît tant qu’il n’a pas souffert »C’est pourquoi aussi les temps de crises sont les moments de naissance de la lâcheté et de l’héroïsme des individus et de peuples, leur stupidité ou leur génie, leur volonté de vivre et de vivre libre ou leur penchant pour la mort ou l’esclavage. En effet, si la crise peut emporter sa cible dans sa volonté d’anéantissement, l’organisme naturel ou artificiel est rarement dépourvu des moyens de sa défense contre les agressions, mais cette puissance de contre attaque peut ne pas être opérationnelle et demeurer en puissance en attendant des forces de catalyse qui la réveillent. C’est pourquoi la grandeur des hommes et des peuples et des Etats n’est pas seulement à évaluer dans l’étendue de leur territoire, dans les ressources naturelles de ce dernier, dans le nombre des sa population ou dans les ses forces intellectuelles et physiques, mais dans sa capacité à réveiller et à mobiliser ses forces de réserves pour combattre. Les exemples ne manquent pas dans l’histoire des individus et dans celles des peuples. Je me souviens de ce réveil d’un médecin qui dans une émission télévisé racontait sa sortie sa sortie de coma : « J’étais dans le coma depuis des jours. Aucun de mes collègues ne s’attendait à mon réveil. Et puis mes étudiants sont venus et l’un d’entre eux a pris ma main dans sa main en me disant « professeur, il ne faut pas mourir nous avons encore besoin de vous. J’ai sent en moi s’ouvrir une nouvelle source d’énergie vitale et de vie et j’ai rouvert le regard sur le monde duquel j’étais déjà très éloigné ».La fonction essentielle et originelle de l’art politique consiste justement en cela. Dans chaque homme et dans chaque peuple surtout, il existe toujours un pouvoir actuel ou virtuel de dépassement de soi et des circonstances extérieures.

 

4.     Les obstacles du réveil et de la mobilisation des forces de réserves et de l’anticrise

La crise est toujours la marque d’un vieillissement d’une phase ou d’une étape dans le parcours de l’histoire.  C’est pourquoi aussi chaque crise est un appel à la mort et à la renaissance. Toute crise appelle la mort de quelque chose et la naissance de quelque chose de nouveau ou la reconquête de quelque chose d’ancien et de perdue plus efficace contre les agents de la perturbation de l’ordre. Ces agents de la perturbation existent dans le domaine épistémologique selon Gaston Bachelard, à l’extérieur dans le champ d’exploration du savant et dans la vie individuelle du savant lui-même  et ces obstacles internes de la recherche scientifique et du progrès de la science sont plus redoutables parce que plus durables et plus difficiles à vaincre et plus aptes à masquer la vérité que les premiers.

5.     Des obstacles internes et externes de la crise des Etats africains

Dans le domaine de l’action politique aussi, à la suite de Bachelard, nous pouvons distinguer des obstacles externes et des obstacles internes et considérer que les seconds sont de loin les plus profond et graves et difficiles à vaincre .Les obstacles externes dans l’histoire des Etats de l’Afrique sont l’ensemble de toutes les forces anciennes et actuelles qui agissent négativement sur eux. Dans ces obstacles extérieurs, on peut aussi classer toutes les autres contraintes de naturelles. Les obstacles internes sont à rechercher dans une conception du monde et dans une conception de la vie, du pouvoir individuel et du pouvoir politique, dans des valeurs, des modèles, et des croyances qui structurent des attitudes et des comportements nocifs pour la vie pour la vie individuelle et la vie collective, parce qu’empêchant à la vie de concevoir rationnellement les questions dans les champs de ses divers problèmes et de leur envisager une ou des solutions rationnelles, efficaces, générales ou au moins très étendues et durables.

6.     Nécessité de la mort pour la renaissance

Au sein des Etats et des sociétés africaines, quelque chose a beaucoup vieilli et sa survie constitue un danger imminent  pour ceux qui y vivent actuellement mais surtout pour les générations du future : l’Afrique et les africains peuvent bien voir et ont sans doute tous vu que notre belle et chère Grand-Mère est malade quelque part et qu’en ces partie de son corps et de son esprit, elle doit accepter de mourir pour voir y renaître quelque chose de plus belle et de plus efficace pour réveiller sa puissance et assurer sa survie dans le monde, dans la liberté et dans l’indépendance. Mais si quelque chose a vieilli en Afrique et doit nécessairement mourir, dans le reste de l’organisme général à la fois naturel et artificiel qu’est le monde dont l’Afrique n’est qu’un membre, il y a beaucoup d’autres choses qui doivent également mourir.

 

Tag(s) : #CULTURE

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