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Richard Sennett:économiste, sociologue, professeur à l'université de New York et à la London School of Economics, également romancier et musicien,


1. Peut-on parler de respect dans un monde d’inégalité ?

 En construisant sa société et son ordre politique dans le Contrat Social, Jean-Jacques Rousseau a commencé par donner à tous les contractants la même essence, la même liberté et la même dignité. En prenant les hommes qui forment la société ou dans un cadre plus restreint l’entreprise, comme des sujets et des acteurs également forts, également libres mais aussi pareillement handicapé puisqu’aucun d’entre eux ne saurait continuer à survivre dans la solitude, Rousseau pose les vrais fondements , la vraie source en dehors de laquelle, il ne peut naître « un respect de la dignité humaine »


Quand personne n’est plus fort ni plus faible que personne, le « principe » de coexistence est nécessairement le « respect mutuel »Dans une société ou dans une entreprise ainsi fondée sur un dénominateur qui aligne les gouvernants et les gouvernés autour d’un principe identitaire présent en tous, il y a le respect véritable car, ce qui est respecté est en tous et en dehors de tous. Ce qui fait par exemple que tous les acteurs d’une entreprise sont tous égaux, c’est que chaque élément du système s’acquitte d’une tâche qui lui est prescrite et dont la non exécution peut être fatale. Un sommeil du gardien peut être fatal au patron.


En reconnaissant les inégalités qui sont des faits, aussi bien les inégalités naturelles que les inégalités sociales, et en les évoquant quant nous voulons atteindre la vraie essence du respect de la vie humaine et en faire une règle d’éthique dans notre vie de tous les jours, nous risquons de confondre le respect de la dignité humaine avec la pitié pour autrui ou la crainte d’autrui.

L’attitude respectueuse du plus faible à l’égard du plus fort n’est pas nécessairement du respect, même si elle peut ne pas être aussi une crainte. De l’autre côté, l’attitude du fort l’égard du faible n’est pas le vrai respect que revendique la vie humaine, mais très souvent une sorte de pitié. Il faut donc, pour penser le respect de la dignité humaine et pour l’ériger en valeur universelle contre les maux que sont la marginalisation, la racisme, le harcèlement, l’intolérance, la xénophobie, l’ethnocentrisme et encore…

Il faut se placer dans un espace totalement dépouillé de toutes inégalités susceptibles d'affecter négativement l'unité et la cohésion entre les hommes,ce qui ne veut pas dire supprimer les différences.La différence n'implique pas forcément l'inégalité.Un nain ou un homme moyen est différent d'un géant,mais le nain et l'homme moyen et le géant ne sont pas inégaux quand il s'agit de mesurer l'humanité ou l'humain.

Bien sûr que cet espace n’existe plus s’il a jamais existé. Mais il est nécessaire de la recréer ou de le créer enfin pour faire de la famille, du quartier, de l’école et de l’entreprise, un espace d’égalité, de fraternité, de coopération, de synergie et non point un espace de destruction.

Dans un monde où règne l'inégalité entre les hommes,il ne peut y avoir que la crainte de l'homme ou la pitié pour l'homme et non pas de "respect de l'homme".

2. De l’actualité de la question et de son importance aussi bien en Europe qu’en Afrique, notamment au Sénégal.


La preuve de l’actualité et de l’importance de la question du « respect de la dignité humaine dans le monde moderne capitalisé ? La voici : Ainsi parla une jeune employée d’Europe à son confident avant de passer à l’acte : « Je serais la 23ème employée de l’entreprise à me suicider » On n’a pas besoin d’être sociologue ou psychologue ou…pour savoir que le mal est dans l’entreprise .Il reste à savoir où ? Comment agit-il ? Comment protéger la société de ce mal ?

Ce qui est sûr c’est qu’un employé se suicide rarement à cause d’une inégalité salariale, même si cette inégalité est arbitraire. Ce qui est presque sûr c’est qu’un travailleur libre et motivé ne se suicide pas parce qu’on lui a confié beaucoup de travail. On ne décide pas de mettre fin à nous jours à cause d’une petite blessure.


Quand j’entends qu’un homme ou une femme, et surtout une femme s’est volontairement donné la mort, je pense à « l’homme révolté » d’Albert Camus. « Un esclave qui toujours reçu des commandements » et a toujours exécuté en bon esclave, peut soudainement juger « inacceptable » un nouveau commandement et se dresser de toute sa hauteur et de sa force contre le maître qu’il a toujours suivi.


En pareilles circonstances dit Camus, quelque d’inaliénable, quelque de très profond, quelque chose qui porte l’essence de la vie humaine est atteinte et qui ne supporter la blessure :c’est cela qu’il faut éviter d’atteindre dans la vie en famille, et dans les autres lieux de rencontre et de commerce entre les hommes, même si les différences de diverses natures ne peuvent pas être totalement effacées.


Cette dimension de l’homme qu’il faut éviter d’atteindre par des frustrations, des harcèlements et des inégalités de toutes sortes. Car lorsque cette partie est atteinte il y a toujours des dégâts sur la personne qui est atteinte ou sur son entourage. Il est bien possible réorganiser la aux principes de direction et de hommes et entre les peuples.

Tag(s) : #POLITIQUE

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