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"Les forces de sécurité indiennes pourront bientôt jeter des grenades bourrées de piment rouge sur les émeutiers, au lieu de gaz lacrymogènes ou d'explosifs qui font souvent des victimes, a annoncé vendredi un responsable gouvernemental. "
"La poudre de piment rouge dans les grenades aura un effet étourdissant temporaire, mais ne tuera personne", a indiqué Suranjan Pal, de l'Organisation de recherche et de développement du ministère de la Défense (DRDO).

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        Autrement dit, il s’agit d’une nouvelle arme de destruction, supposée moins nocive pour s’opposer, mais toujours plus efficacement en vertu de la logique du progrès dans les sciences et les techniques, mais aussi en fonction du progrès des mentalités et des conceptions de la vie et du monde, contre le droit des individus et des groupes sociaux à laisser entendre leur insatisfaction multidimensionnelle dans ces régions des terres du monde où la nature donna à chaque vie humaine et autre, le pouvoir et la possibilité d’y retrouver son bien et sa satisfaction.


Je ne suis pas un spécialiste de l’armement, qu’elle s’appelle lourde ou légère, qu’elle cherche à exercer une violence physique ou morale ou psychologique assez force pour contenir toute forme de contestation. Mais j’ai le triste pressentiment que si l’on faisait la balance entre les inventions de la science qui se meut contre la liberté et contre les autres droits qui contribuent à la satisfaction de l’homme sur terre et les inventions qui viennent pour renforcer la chance de satisfaction de l’homme dans une région ou sur toute la terre, on verrait tristement que les sciences et les techniques sont plus excitées et plus inspirées dans le domaine de la nuisance que dans celui de la bienfaisance.


Cette orientation de la recherche scientifique appliquée est révélateur d’un grand malaise existentiel :elle signifie d’abord que l’homme a plus peur de l’homme que de nulle autre menace terrestre ou céleste. Cette peur que l’homme a de lui-même et conséquemment cette peur qui le met toujours à distance ou en prudence devant ses semblables signifie que l’homme ne fait plus confiance à personne puisqu’il ne se fait plus confiance à soi-même, à sa conscience, à sa raison, à sa science et encore moins à ses dieux, malgré toutes les apparences extérieures qui cherchent à cacher cette vérité.


L’homme est devenu seul au monde, sans compagnon et confident véritable parmi les hommes-personne ne dit jamais tout de lui quand il peut le savoir à son supposé ami- et encore moins parmi les dieux, depuis le jour où seul, dans ses méditations, sortant d’une épreuve individuelle ou collective, il s’est rendu compte qu’il s’est égaré, qu’il croyait savoir qui il est, ce qu’il veut, comment le chercher ,où le chercher pour quelle raison nécessaire, alors qu’il ne savait rien de tout cela et que les autres qu’ils attendaient à son secours non plus n’en étaient pas plus instruits.


Cette situation existentielle fait partie des constituants fondamentaux du malaise que vit notre monde actuel. Car c’est cet environnement de méfiance et de suspicion qui a donné naissance à toutes les formes d’espionnage, de contrôle, de surveillance des Etats et des individus au sein de ces Etats et c’est cette atmosphère de manque de confiance très favorable à la guerre qui a donné naissance à toutes les familles d’armes dans la grande industrie de l’armement.


La vraie question n’est pas de savoir, pour celui qui se situe du point de vue du droit et non pas de l’efficacité ou des gains et des pertes matérielles ou humaines d’une invention quelconque, quelle est l’arme de guerre la plus efficace et la moins destructrice contre la liberté et la critique entre la grenade lacrymogène ou la balle à caoutchouc et la poudre de piment rouge ?






La vraie question, où l’une des vraies questions que suscite cette invention et d’autres de ce genre devenant de plus en plus nombreux et hélas sans jamais éteindre les foyers de la liberté, de la critique et de la lutte pour la satisfaction de la vie humaine sur terre, dans les familles, dans les sociétés et dans les Etats, et dans les âmes individuelles qui ont tout donné au Dieu de la vérité, de la liberté, de la justice, de la fraternité, de la solidarité et de la paix, est celle de savoir qu’est-ce que la contestation sous sa forme de critique ou de révolte dans la poésie, dans la philosophie, dans l’art ou dans les rues de la vie quotidienne au milieu des carrefours des cités ?


Contester ce n’est pas seulement dire non. C’est dire non par le verbe ou par le corps armé ou sans arme, en brandissant une arme théorique qui donne lieu et raison d’être à ce refus. Seul donc un être raisonnable peut contester. Contester, ce n’est pas nécessairement avoir raison ou avoir une proposition différente dans un domaine théorique ou dans le domaine de l’action. Mais c’est au moins savoir ou la présomption ou l’intuition intérieure que ce qu est dit ou pensé ou fait ou envisagé n’est ni normal ni légitime ni raisonnable et donc n’est point acceptable, en ayant au moins une raison subjective ou objective et universelle de la penser et de se comporter en conséquence.


Dans tous les cas, la contestation est toujours l’œuvre théorique ou l’intervention pratique d’un sujet individuel ou d’un sujet collectif qui se trouve évincé et mis en mauvaise portsure dans une situation par une force extérieure qui lui demande d’approuver et de s’accommoder à cette situation philosophique, politique, économique, sociale ou d’une autre nature. Toute contestation est donc l’expression silencieuse ou bruyante d’une conscience, d’une raison, d’une âme et d’un insatisfaits d’une certaine manière de penser ou d’agir dans le monde.


La contestation est dans les familles, dans les sociétés et dans tous les Etats modernes. Elle naît, grandit et vit dans l’homme et y meurt très rarement. Toute contestation condamne un ordre et en défend un autre bien connu ou au moins supposé possible, réalisable, positif et légitime.


La deuxième remarque que l’on peut faire au sujet de la contestation, est que le monde moderne devient de plus en plus un foyer de contestations multiformes et multisectorielles. Non seulement la contestation s’y développement et s’y propage et gagne les zones et les vies qui semblaient être les plus visibles, mais elle devient de plus en plus organisée et s’internationalise. Les Etats modernes, je ne sais pas trop ce qu’il en fut dans les Etats ou dans les sociétés et les communautés anciennes, sont devenus tous aujourd’hui des foyers de familles de contestation unis par la profession ou par des fondement idéologiques, philosophiques et autres…

Qu’est-ce que cela signifie ?



Cela signifie que le monde va mal. Cela signifie que la vie humaine étouffe partout. Cela signifie que l’homme n’est pas encore arrivé à une connaissance suffisante de lui-même et à une éthique de vie communautaire qui lui auraient permis de faire de la terre, même dans la terre la plus pauvre, un lieu de satisfaction pour tous. La vraie question n’est pas donc de savoir s’il est préférable d’utiliser des grenades lacrymogène ou de la poudre à piment pour mâter une contestation ou une révolte. La question véritable est de savoir si une autorité quelconque peut avoir le droit et le pouvoir de mâter la contestation et de la faire taire dans la vie humaine et dans quelle condition cette condamnation et cette répression de la contestation est-elle légitime ?


On évoque toujours et partout l’argument de la sacralité et de la nécessité de maintenir l’ordre public. Tout le monde sait que l’ordre public ne se maintien jamais de manière durable et général et positive par la violence gratuite des armes. L’ordre au sein de la cité ou l’ordre public qu sein de l’Etat n’est jamais assis ou assez bien assis que lorsqu’il séjourne dans la conscience, dans la raison, dans le cœur et dans le corps de chaque homme qui découvre un climat de sécurité et une ambiance fraternelle qui lui revigore la confiance qu’il a en lui-même, laquelle confiance en soi est nécessaire pour faire confiance aux autres.


Tout mouvement enseigne Claparède est le signe d’une insatisfaction et un processus de recherche d’une satisfaction, dans la vie humaine comme dans la vie des bêtes. Une vie rassasiée est en repos et une vie non encore rassasiée est la proie d’agitation diverses. La vraie question est donc de savoir pourquoi la vie humaine devient de plus en insatisfaite sur terre, au fur et à mesure que le monde devient de plus en plus moderne sans renoncer à la barbarie, malgré la masse des biens matériels qu’elle possède dans la nature et la masse des biens infinis qu’elle peut se produire et se produit effectivement par ses savoirs et ses savoirs faire ?


Toutes ces deux armes ont le même effet et le même potentiel de nuisance et le même degré de culpabilité:elles tuent quelque chose d’essentielle à la vie humaine, à la vie sociale comme à la vie personnelle :la liberté et la concertation, la confiance de chaque homme en lui-même, la confiance entre les hommes et la confiance entre les hommes et les institutions politiques.

La meilleure répression de la contestation,la seule qui ne fasse point de victime,la moins coûteuse et la plus durable est  la concertation,la reconnaissance des droits de tout homme à trouver sa satisfaction sur la terre.

 

 

 

Tag(s) : #POLITIQUE

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