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Ce que nous entendons par le mot chômage

Nous entendons par chômage, la situation dans laquelle se trouve un individu ou un groupe d’individus doté d’une énergie intellectuelle ou physique et d’une compétence qui lui permettrait de réaliser intellectuellement ou concrètement, un ouvrage individuel ou de contribuer dans la conception et dans la réalisation d’un ouvrage capable d’entrer dans la chaîne des biens et services qui répondent aux demandes diverses de la vie personnelle et de la vie sociale, et qui laisse cette énergie et son temps se consommer sans rien produire. Ainsi que nous le concevons donc, le chômage concerne en même temps ceux qui sont dotés de qualifications professionnelles sanctionnées par des études et des diplôme, mais aussi ceux qui, sans avoir fréquenté une école ou une université, ont appris tout de même en divers métiers à produire quelque chose. Le chômage, au Sénégal par exemple, concerne beaucoup plus les paysans et les pasteurs qui vivent en milieu rural dans un environnement naturel dont l’épuisement et l’agonie entraîne et l’absence de nouvelles activités économiques rentables et à leur portée plongent dans l’oisiveté durant les périodes post hivernales.

 

Quelle est l’étendue de ce phénomène ?

 

Le monde moderne de la rationalité veut être précis et veut toujours des statistiques. Mais avant les chiffres falsifiables par les Etats, il y a la réalité quotidienne. Je peux dire en toute certitude vérifiable, qu’au Sénégal, en milieu rural, dans la zone de mon village en tout cas, 99%des femmes et des hommes ne s’adonne à aucune activité économique après l’hivernage qui ne dure jamais plus de 4 mois et dont les résultats aujourd’hui, malgré l’énergie qu’absorbe cette activité, sont dérisoires et toujours incertains, faute d’une maîtrise véritable des conditions de production liées à la nature et à l’absence d’une assistance technique spécialisées sur le terrain.

En Europe le phénomène existe aussi et n’est pas négligeable.

       

 De la signification et de la valeur du travail

 

Du philosophe allemand Hegel, nous avons appris ce que nous pouvons nous –mêmes constater tous les jours :l’homme ne travaille pas seulement pour pouvoir manger et boire et pour acquérir par la sueur de son front ou de son cerveau. Car il est possible de bien manger et de bien boire sans travailler. Des chats et des chiens et d’autres vies mangent bien et boivent bien, quelquefois même mieux que les hommes. Cela est juste et légitime car toute vie a le droit de vivre. Le travail permet surtout à l’homme nous dit Hegel de construire son humanité en éveillant les faculté qui sont naturellement en latence dans notre corps et dans notre esprit. Le travail permet à l’homme de retrouver sa dignité humaine, en contribuant pleinement à la résolutions des problèmes divers qui se heurtent sur la vie humaine. Cette contribution qui donne à l’homme le sentiment d’exister en tant qu’homme, en tant qu’acteur du développement et qui lui épargne de ce sentiment d’inutilité, le sentiment de vivre sans servir à rien. En ce sens, le chômage est une arme de destruction de « la confiance en soi ».Le travail a une valeur éthique : « celui qui ne travaille pas et qui peut le faire nous dit Saint Paul, ne mérite pas de manger ».Travailler, c’est contribuer à la survie et à la satisfaction de la vie humaine et de la vie animale sur terre. C’est sans doute cette vision éthique du travail comme acte de dévotion à la réalisation de l’humain et à sa satisfaction qui fait un des traits forts et positif du protestantisme dont Max Weber dit dans L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme, qu’il serait parmi les bases du capitalisme moderne en tant qu’organisation et gestion rationnelles des énergies de production et de la consommation . En d’autres termes, on pourrait retenir de cet analyse de Max Weber, que l’amour du travail rationnel, intellectuel ou manuel, est à la base de tout capital individuel, familial ou étatique ou autre. Tout individu responsable, toute famille responsable et surtout tout Etat responsable orientés vers le développement durable universel devrait s’interdire et interdire de gaspiller l’énergie de production dan la vie individuelle et collective. Car gaspiller le temps et la force de l’intelligence ou celle du corps quand partout tout demande l’intervention des corps et des esprits, est aussi une autre forme de criminalité.

                      

De la gravité du chômage

 

Le chômage figure donc parmi les maladies fondamentales dont souffre les hommes au sein de toutes les société. les société est donc d’après ce qui précède, une des maladies qui se propage à une très grande vitesse dans les sociétés modernes, aussi bien dans les sociétés développées que dans les société qui ont besoin paradoxalement de travail pour sortir de leur situation indésirable.

Il s’agit d’un phénomène grave : il détruit la personnalité individuelle et il affaiblit la société.

A mon avis, dans une société bien pensée et bien organisée et administrée, même les infirmes de toutes sortes devraient d’une certaine manière, être intégrés dans la productions des services et des biens, et se sentir des acteurs à part entière dans la production des richesses nationales et dans celles du monde. Un bras coupé ne suffit pas pour être exclu ou dispensé de toute activité utile parce que productrice de quelque bien. Il ne suffit pas d’être aveugle ou sourd ou muet pour ne pas pouvoir produire.

                            

Le grand paradoxe

 

Le chômage est d’autant plus intolérable lorsqu’il est la récompense de longues années d’études pourtant définies par les Etats qui sans doute ont eu à analyser l’impact de ces enseignements et de la formations aux différents métiers dans le développement.

Le grand paradoxe, c’est le chômage dans les pays africains et dans les pays en voie de développement. Au Sénégal, depuis des années, la jeunesse, et même les moins jeunes ne regardent que vers les terres de l’occident ou de l’Amérique. Parce leur territoire est devenu incapable d’absorber leur énergie intellectuelle ou physique et leurs talents et leur volonté dans une activité de production. Combien en effet sont morts entre l’Europe et le Sénégal dans la mer, fuyant le espoir, l’humiliation, la déchéance, le sentiment d’être inutile, voyant leurs parents et leurs famille sombrer de jour en jour dans l’extrême pauvreté et dans la faim perpétuelle. Pourtant le Sénégal, comme tout autre pays, développé ou pas encore développé n’a besoin que de travail. Tout le monde c’est que la foi au dieu du travail et de la rationalité dans la production comme dans la consommation qui fait la richesse et la grandeur de la famille, de l’individu, de l’ Etat et de toute nation.

 

Des causes rationnelles et probables du phénomène

 

Pourquoi une femme ou un homme qui peut travailler parce que détenant une quelconque aptitude à une certaine activité de production matérielle ou intellectuelle ne travaillerait-il pas ?

Celui qui peut travailler et qui en a les compétences peut s’abstenir de travailler parce qu’il peut survivre sans investir la force de sa raison ou celle de son corps dans une activité libérale ou salariée. Ce chômage serait un chômage volontaire. Une femme ou un homme peut ne pas aussi investir l’énergie de sa vie et la richesse qu’est le temps de la vie dans une activité quelconque pouvant répondre à un besoin personnel ou à un besoin exprimé par une autre vie, parce que l’environnement naturel ou social ou politique ne lui permettent pas de le faire. Ce chômage serait un chômage conjoncturel forcé contre lequel les forces individuelles ou familiales ne sauraient résister. Enfin un homme ou une femme peut chômer parce que ses compétences professionnelles ne sont plus requises dans la satisfaction de la masse des problèmes de la vie.

 

Qui est responsable ?

 

Dans tous les cas de figure, les premiers responsables de ce mal qui se propage dans les cités du monde sont la famille, la collectivité et l’Etat. La famille peut être responsable en manquant de  donner aux enfants une éducation qui leur ferait voir le travail comme la source de tous les biens que peut l’homme peut espérer sur terre. Elle pourrait aussi être responsable et avec elle la collectivité et l’Etat en particulier lorsqu’elle ne prépare pas l’intégration des citoyens dans la vie active en leur dispensant un enseignement et à une formation conformes aux demandes de la vie.

C’est pourquoi à mon avis, pour résoudre véritablement le problème du chômage au-delà du chômage actuel, il importe de penser en même temps la démographie, les besoins sociaux ,l’enseignement et la formation professionnelle.

Il ne suffira pas dans ces Etats de réprimer les comportements marginaux et criminels de toutes sortes par la police, tant que l’on n’offrira pas à ces femmes et à ces hommes désœuvrés de tout âge, une activité rentable dans laquelle il pourraient réaliser leur humanité et préserver leur dignité en se présentant comme des acteurs à part entière dans la satisfaction des besoins de la famille et dans ceux de la cité.


La mobilisation et la gestion rationnelle des énergies au sein de la nature et dans la vie humaine dans le temps et dans l'espace de la famille, de la société et dans le monde en général, pour une satisfaction toujours croissante des divers besoins de la vie, est aussi une dimension fonamentale de la gestion et de la préservation de l'équilibre de l'environnement physique et social.Elle incombe aux familles, aux associations,aux organismes non gouvernementales,mais aussi et surtout aux Etats.

Tag(s) : #POLITIQUE

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