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1.        La crise de Pagaal et le droit de savoir à Yokaam

 

 

La crise qui règne dans l’Etat de Pagaal est devenue visible par tous jusque dans les cités qui furent les plus paisibles, comme celle de Yokaam. A Yokaam, tard dans la nuit, j’ai vu un impressionnant groupe d’hommes et de femmes sans armes visibles, venir se masser en s’accroupissant les uns après les autres après le premier essaim, devant la concession du saltigui de Wéthiar Ndigil.

 

Je ne sais pas s’ils sont tous de Yokaam ou non. Mais si parmi eux il y en a des citoyens de Yokaam, ceux- là savent tous, jusqu'au plus jeune et au moins instruit d’entre eux, que le droit de savoir est le droit le plus ancien et l'un des plus fondamentaux pour les fondateurs de Yokaam.  Ceux- là savent tous aussi qu’à Yokaam, une toute petite province de pasteurs au centre de Pagaal, c’est au près du saltigui Wéthiar qu’il faut aller écouter la vérité qui vient de lui et celles qui viennent d’ailleurs. 
 

Les habitants de Yokaam croient aussi que si ce droit à la vérité est reconnu à tous, c'est que derrière ce droit, il y a au moins un homme ou quelques hommes qui puissent le satisfaire, en disant ce qui est, ce qui a été ou ce qui pourrait être ou ce qui serait sans faute. Peut-être aussi que ces femmes et ces hommes de tout âge que j’ai vu envahir et encercler la concession de Wéthiar sont ceux qui savent et qui sont venus informer directement et spécifiquement Wéthiar compte tenu de sa fonction de saltigui.

 

 Je suis né à Pagaal et j’y ais passé une bonne partie de mon enfance et j’y vais encore régulièrement, mais je n’a jamais vu le saltigui de Wéthiar Ndigil. J’ai tout de même vu le lieu où se tient l’assemblée dont il est l’autorité traditionnelle.

 

Ils ne lancent pas de propos hostiles. Au contraire, ils renouvellent leur confiance à leur informateur officiel. Ils sont convaincus qu'ils ne se sont pas trompés de chemin ou d'interlocuteur, à moins que, disent-ils, le mal qui se répand dans tous les domaines de la vie à Pagaal ne se soit aussi emparé des sources du savoir à Yokaam …

 

 

Ils sont habillés de toutes les couleurs et de diverses tenues et visiblement appartiennent à différentes professions et à différentes couches sociales, mais tous se barrant le front avec un même foulard rouge comme un soleil d'indépendance et de liberté. Ils sont de tous les âges et de tous les sexes. Ils sont venus de partout:des champs, des pâturages, des écoles, des garages, de tous les lieux de travail, fonctionnaires et travailleurs libéraux confondus.

 

 

Ils ont dû faire un très long chemin car visiblement beaucoup d'entre eux arrivent épuisés bien que contenant encore leur fatigue. Viennent-ils de Yokaam et tous ou est-ce une coalition de citoyens de cités diverses, voisines ou non frontalières qui se croisèrent à un carrefour national ou mondial où ils découvrirent qu'ils étaient tous mus par une même cause ?Je ne sais pas. Je les ai vus depuis Guirore, la capitale de l'Etat de Pagaal, à 2000 kilomètres de Yokaam par les yeux de mon âme.


  Ce n’est pas seulement à Yokaam que l’on cherche à connaître les faits et les causes de la situation actuelle qui se répand à Pagaal et dont on dit qu’il est rare de voir un homme ou une femme qui serait témoin de quelque chose qui serait à peu près semblable dans le pays.

 

 

A Guirore où se trouve dit-on les plus grandes autorités du pays en matière de savoirs, de savoirs faire et peut-être aussi de savoirs être, on prépare une grande rencontre nationale. Certains parlent d’assises nationales, d’autres de concertation nationale et d’autres encore de…

 

C’est la grande royale, La Reine Alternance qui a fait l’appel aux forces vives de la nation. Il semble qu’elle est très affectée par ce qui se passe dans ce gigantesque Etat dont il a la charge de diriger.

 

 

L’Etat de Pagaal a une double constitution :elle est en même temps une monarchie héréditaire et une démocratie.

 

A Pagaal, lorsque la personne qui est dépositaire du titre et du statut de prince ou de roi, ou de princesse ou de reine ou de président meurt ou est empêchée, le peuple a une double possibilité pour pourvoir à son remplacement.

 

Ou bien il choisit l’héritier ou l’héritière naturelle, un homme ou une femme  dans la famille du couple du trône ou bien il cherche parmi le reste des citoyens un homme ou une femme capables de remplir cette fonction de gouvernant de la cité.

L’héritier naturel ou l’héritière du trône de Pagaal a lui aussi la possibilité de choisir de s’occuper à gouverner les hommes ou à faire sa vie dans d’autres domaines si le peuple ou une autre conseil le désigne comme successeur.

 

La constitution de Pagaal est très claire dans son article fondamental concernant le dépositaire du pouvoir politique : « C’est la plus belle vie humaine parmi les hommes ou les femmes de la cité qui doit toujours gouverner car c’est la beauté qui peut chasser le mal du territoire et des âmes. »

 


A la mort du prince Sédaromad, le dernier et 486 ème prince héréditaire et élu de Pagaal, il y a de cela douze ans, le peuple ne lui connaissait plus aucun héritier naturel encore en vie.

 

Ses douze enfants que le peuple lui connaissait et qui furent présentés au peuple chacun à sa naissance ainsi que le recommandait la constitution de l’Etat, étaient tous morts dans la fleur de l’âge.

 

 

Mais, il y avait aussi une opinion très répandue à Pagaal au sujet des enfants du princes :on disait que l’héritier du trône n’est jamais connu à sa naissance et n’est jamais présenté au peuple comme les autres enfants. Dès sa naissance, un corps mythique imaginaire ou réel d’hommes et de femmes inconnus du grand public et peut-être de tous, qui veillait sur les intérêts fondamentaux de la cité et de la vie humaine et que l’on appelait les Architectes du Bien, venait s’emparer de l’héritier qu’ils identifiaient par leurs sciences et leurs arts divers qui portaient aussi bien sur la connaissance du monde que sur celle de l’homme.

 

 

On racontait que c’est l’enfant dont le cri en venant au monde s’entend depuis l’île des Architecte du Bien quelque part dans les eaux de l’océan Jotnaam Ndigil. C’est dans cet île dit-on que se rencontrèrent les anciens fondateurs de l’Etat de Pagaal et c’est dans cet île qu’ils séjournèrent pendant très longtemps avant de regagner les terres autour du fleuve où ils fondèrent plusieurs cités dont celui de Pagaal. Lorsque l’âme qui doit gouverner a cité s’est incarné dans une femme dans le reste des familles de la cité, les Architectes du Bien la détectaient.

 

 

Lorsqu’il arrivait que l’âme de la bonne gouvernance naisse en dehors des familles princières qui revendiquaient une descendance des architectes du bien, mais non sans fondement, les architectes du bien ne l’exilaient pas de sa famille. Mais ils veillaient autour de cette âme comme les armées et les polices du monde veillent sur leur prince nuit et jour jusque dans leur intimité es plus profondes. Les Architectes du Bien qui ont fondé l’Etat de Pagaal attachaient une importante particulière à cette âme car dans la constitution originale qu’ils laissèrent aux héritiers de Pagaal et des autres cités qu’ils fondèrent, ils enseignent que « De tous les biens dont peut jouir une cité ceux qu’ils tirent de l’âme de la bonne gouvernance est le plus immense et le plus durable. »

 

 

L’âme de la bonne gouvernance est une âme humaine parvenue au degré de perfectionnement le plus élevé que puisse atteindre l’âme dans un corps d’homme. C’est l’âme qui n’est plus coupée d’elle même, l’âme qui est redevenue égale à elle –même, celle qui a enfin retrouvé dans le monde l’objet de la satisfaction qu’il y cherchait et qu’il reçut depuis le ciel au temps de la transparence. Le séjour dans l’île et les enseignements intimes que les Architectes du Bien dispensent au prince dès les premiers moments de son existence, consistent essentiellement à rapprocher l’âme de de la personne qui est appelée aux charges de Prince à Pagaal, de l'état de l'âme de la transparence et de la bonne gouvernance.

 

 

Ce n’est pas seulement l’idée selon laquelle l’héritier véritable du trône vivait toujours en dehors des cités de l’Etat durant tout le règne de son père ou de sa mère ou des deux qui atténua la surprise lorsqu’à la mort du prince Sédaromad on annonça l’arrivée imminente dans l’Etat d’un de ses enfants sans rien dire de ses ambitions.

Une partie du peuple ne manqua pas néanmoins de penser qu’il s’agissait d’un faux héritier, d’un coup d’Etat rampant ou déjà debout. Mais lorsque du haut de la plus haute tour institutionnelle de l’Etat de Pagaal à quelques pas de l’océan Jotnaam Ndigil à l’ouest de l’Etat, le Président du Haut Conseil de la République annonça l’arrivée de l’héritière et que le peuple massé tout au long de la rive comme attendant un messie en retour, découvrit le visage de la princesse Alternance, il devint très difficile de douter dans la vérité de la ressemblance entre Sédaromad et la princesse Alternance.

 

 

 

Tout le peuple de Pagaal est venu vers les rives de Guirore pour voir la belle héritière. Il n’attendit même pas de savoir si cette jeune fille d’une trentaine d’années qui se tenait en parfait équilibre au milieu d’une toute petite pirogue malgré la brutalité des vagues de l’océan agité comme une femme en travail, voulait vivre une vie de gouvernante ou s’occuper à d’autres tâches. D’une seule voix noyant sans doute d’autres voix contraires, le peuple fit entendre à la terre, aux eaux et à la princesse Alternancesédar : « elle est bien la fille de Sédar. Elle est bien la princesse des arts et des sciences de  la beauté, du travail, de la justice ,de la fraternité, de la paix, du dialogue des cultures, de l’abondance et de la satisfaction sur terre. »

 

.
Mademoiselle Alternancesédar ressemblait à son père plus qu’elle ne ressemblait à sa mère qui était d’une beauté exceptionnelle. Elle ressemblait à son père, mais on ne pouvait pas trouver plus belle femme parmi les femmes de Pagaal.

 

Mais est-elle née aussi belle ? La question pouvait se poser et se posait sans doute silencieusement. Sa beauté et sa ressemblance avec Sédaromad étaient trop particulières pour être naturel au regard de certains. Elle avait lieu d’être aussi car on attribue aux architectes du bien divers sciences et arts dont ceux de la chirurgie esthétique. Ils étaient disait-on partout à Pagaal et surtout dans la province de Yokaam, de grands penseurs politiques, de grands scientifiques, de grands paysans et pasteurs, de grands constructeurs diverses d’engins et de navires, de grands artiste.

 

Mais cette sagesse et ces sciences attribuées aux architectes du bien avait commencé à subir une série d’interrogations, depuis plus d’une centaine d’années, surtout lorsque l’unique navire de la république dont ils seraient les concepteurs a fait naufrage dans les eaux de l’océan jotnaam Ndigil et emporta des milliers et des milliers de vies humaines.


Mais malgré ces doutes au sujet de Pagaal et de ses fondements mythiques ou historiques, le peuple avait encore foi en quelque chose au sujet d’eux-mêmes et de leur cité.

 

Le pensait bien que la princesse Alternance est l’héritière légitime du trône de Pagaal puisque seule, sans compagnie, elle est venue de l’île des architectes du bien vers la cité terrestre des architectes du bien, par une petite barque, celle qui vint avec tous les princes de Pagaal, puisque sur cette barque on voyait les images de tous les princes qui la précédèrent au gouvernement de Pagaal.

 

D’après la constitution de Pagaal, la personne qui doit hériter du trône de Pagaal, doit partir de la cité vers les îles de l’océan Jotnam Ndigil et des îles vers la cité sans escorte.

 

 L’héritier ou l’héritière par naissance, doit séjourner dans l’île des architecte du bien durant toute la vie et le règne de son père gouvernant ou de sa mère sur le trône. Depuis les îles dans la cité originelle, les architectes du bien se chargeront de lui enseigner la géographie et l’histoire du monde, la géographie et l’histoire particulières de son pays et de son peuple, mais aussi l’histoire de sa descendance, l’histoire de l’humanité. Il ne doit plus remettre les pieds, ni de jour ni de nuit dans la cité tant que le prince père est en vie et sur le trône.

 

 

Lorsque l’âge de gouverner et de régner arrive-il peut arriver à tout moment puisque la programmation de la mort n’est pas toujours connue des hommes et des peuples-, celui qui doit gouverner la cité doit être en mesure de se rendre dans la cité sans être guidé par personne.

 

Non seulement il doit s’y rendre, mais il doit s’y rendre les yeux et les oreilles fermés à toute communication avec le reste du monde et avec son peuple. C’est son instinct d’homme et de prince qui le guide et le monde intérieur qui subsiste en lui. Tout homme digne de gouverner un peuple doit, enseigne t-on à Pagaal depuis le temps des anciens, être capable et sentir, d’entendre son peuple dans ses joies et dans ses souffrance, et de marcher jusqu’à lui de jour comme de nuit, pour partager ses joies avec lui ou pour toucher chaque homme sur le plus petit grain de mal qui le tourmente pour le dissiper par les sciences et les arts dont son âme de la bonne gouvernance est dépositaire par la grâce de la nature et par ses propres efforts dans les divers sciences et arts de la vie.

 

Il ne retrouve la faculté de voir et d’entendre et de parler et de penser que lorsqu’il traverse l’océan et arrive au milieu du peuple.

 

Lorsque le peuple ne veut pas de l’héritier ou de l’héritière naturelle et se choisit un autre guide parmi les autres citoyens, ce dernier est aussi embarqué dans une pirogue sans conducteur visible si ce n’est que lui-même, les yeux bandés, les oreilles bouchées, la langue brisée jusqu’à l’île de Maad, l’île du pouvoir. Il doit séjourner pendant douze jours dans l’île et au treizième il doit revenir vers la cité avec une petite barque qui vient de l’océan dès que le moment est venu.

 

 Beaucoup de prétendants au trône de Pagaal sont restés dans l’île, d’autres dans l’océan et d’autres ont été emportés sans résistance vers d’autres régions du monde, oubliant tout d’eux-mêmes, du monde et de leur cité qu’ils prétendaient pourtant gouverner. Pour le législateur Gelwaar de Pagaal, «Tout prince non encore rassasié est un usurpateur ». Le séjour du futur prince dans l’île des architectes du bien consiste essentiellement à préparer le futur gouvernant à ce statut d’homme rassasié.

 

Je ne sais pas si tout cela est vrai, mais on le raconte sur toute l’étendue de la république de Pagaal. Ce qui est sûr, c’est que j’étais au bord de l’océan lorsque mademoiselle Transparence y faisait sa première apparition publique dans la capitale, à Guirore. J’étais parmi les élèves au Lycée des sciences et des arts de la vie, le plus grand lycée et plus ancien de Pagaal, dans la capitale.

 

Le peuple de Pagaal a décidé, il y a de cela aujourd’hui exactement vingt ans, de rendre le pouvoir de Pagaal à la fille du derniers de ses princes, le prince Sédaromad.

 

Je reconnais avec tous les citoyens de Pagaal qui lui rendirent ce qui fut confié à son père Sédar, que la princesse Alternance est la plus belle de toutes les femmes et de tous les hommes de Pagaal. Il n’ y a pas de doute et c’est pourquoi depuis qu’ils l’ont vu et qu’ils se sont mis à lui faire un double corps, aucun des artistes de Pagaal, pourtant si illustres dans le monde dans l’imitation comme dans la création pure, n’a jamais su la représenter sans rien trahir.

 

 

C’est cette impossibilité des artistes et des hommes et des femmes tout court de Pagaal qui l’imitent ou s’inspirent d’elle, à tout prendre et fidèlement d’elle, qui est la preuve de sa beauté exceptionnelle. Un homme la voyant sortir des eaux bleues ciel et clair de l’océan sous les lumières dorées du nouveau matin qui marquait sa naissance publique et son règne, s’était écrié comme dans une transe : Le père fut un grand athlète, un grand artiste et un grand homme politique, épris de laïcité, de justice, de paix et surtout amoureux passionné du savoir qu’il ne cessa de recommander à cultiver avant nul autre bien dans les champs et les foyers de la cité. Nous avons bien de quoi nous sentir tristes disait-il, endeuillés, mais nous ne sommes pas encore abandonnés par les dieux de la nature et ni par ceux de la ceux de la cité.

 

Nous avons perdu un grand prince, mais nous sommes en droit d’attendre autant sinon plus de biens de son héritière. Beaucoup poursuivait-il dans son apologie et dans sa généalogie, disent qu’elle ressemblent plus à son père qu’à sa mère. Cela est vrai et vrai pour tout le monde, mais il est également vrai qu’elle porte dans son âme la joie de vivre qui caractérisait sa mère, la grâce divine de l’abondance et la générosité de sa mère Sophie Lajoie qui, sans jamais apparaître de manière indue et indécente dans la république, épaula beaucoup son père dans la tâche combien noble mais redoutable pour les âmes véridiques :gouverner un Etat.

 

Regardez bien disait-il, sans que je ne puisse alors voir de quel lieu il parlait, me laissant finalement qu’il parlait depuis quelque part dans les régions de mon monde intérieur, cette belle créature de la nature et des hommes là-bas au fond des eaux de la vérité, les eaux de Jotnaam Ndigil. Vous le savez tous autant que moi, qu’aucune vie en dehors de la vérité ne peut traverser ce fleuve jusqu’à nous.

 

 A mon avis, les princes de notre Etat de Pagaal deviendront toujours de plus en plus beaux, savants, justes et humains au cours des générations de notre histoire. Il faut se réjouir de cette situation car là où il y a la beauté, i y a nécessairement la vérité, la justice et la liberté. Ne me demandez pas disait-il, comment elle est ou ce qu’elle dit au fond d’elle car, vous le savez comme moi, la vraie beauté , comme le vrai mal, est toujours ce que l’on ne peut ni dire, ni voir, ni entendre dans sa totalité.

Il y a de cela vingt ans aujourd’hui, mais le temps n’a pas altéré la beauté de la princesse Alterancesédar de Pagaal puisque la beauté est la partie qui en l’homme résiste le plus à la destruction de temps. Cependant, je n’en suis pas pour autant certain, on murmure dans les coins de la cité qu’elle est devenue aveugle ou alors sa vue est perturbée. Elle est perturbée car on dit à Pagaal que la vue de la couleur rouge affaiblit le pouvoir politique et particulièrement son autorité principale. On raconte aussi qu’elle entend très mal. C’est la raison pour laquelle d’ailleurs selon les commentateurs de la situation, elle est toujours en désaccord avec le peuple et avec les institutions sociales. Beaucoup pensent d’ailleurs que ce sont ces conseillers qui gouvernent effectivement le pays. On raconte aussi qu’il souffre d’un grand mal ;l’oubli. Mais je crois que l’oubli est la maladie la plus répandue parmi les hommes et la plus difficile à guérir. Je ne sais pas ce que le saltigui de Yokaam dira e jour le jour de la grande assemblée. Ce qui est sûr, c’est qu’il va parler. Car, de deux choses l’une :ou bien les hommes qui sont venus se grouper devant sa concession sont venus lui demander de les éclairer, ou bien ils sont venus avec le discours qu’il devra tenir au peuple de Yokaam et d’ailleurs.


Toutes les fractions significatives de la société ont répondu favorablement à l’appel de la princesse Alternance. Sauf celui là qui existe mais que je n’ai jamais vu, ni de jour ni de nuit, bien qu’empruntant régulièrement à Guirore ces chemins de la contestation tout au long desquels il écrit d’une encre rouge qui semble indélébile puisque visiblement on chercha en vain de les masquer sans succès que « Mademoiselle Alternance n’est pas la fille de Sédaromad puisque la fille de Sédaromad ne saurait être aussi laide. »

Certains des souteneurs radicaux de la princesse Alternance dont l’image a commencé très tôt à se ternir sur le pouvoir, ou peut-être aussi de ses destructeurs encagoulés et rapprochés lui auraient conseillé de ne pas faire cet appel, puisque cet appel pourrait signifier son échec et conduire à une élection démocratique qui pourrait porter au pouvoir n’importe quel homme ou femme sans mérite, puisque la chirurgie esthétique que détenaient les architectes du bien dans les îles de Jotnaam est aujourd’hui la science la plus répandue dans le pays, faisait de la beauté humaine un simple déguisement de surface et de circonstances.

 

Elle a tenu à faire cet appel car dit on encore, elle est très affectée de voir ce beau pays que lui a laissé son père dans un si piteux état. Certain racontent même qu’elle a commencé à douter d’être gelwaar, le vrai fils de Sédar et de Sophie. Elle se sent coupable dit-on et pourtant la plupart des hommes et des femmes de Pagaal, bien que très éprouvés par la conjoncture dont on dit internationale, lui reconnaissent encore son patriotisme et sa foi en Dieu. Quand la crise est venue elle est allée prier dans tous les temples et dans toutes les loges du monde.


Ce que je ne sais pas, c’est pourquoi dans son appel et dans ses visites de proximité, il ne s’est pas rendu à Yokaam. Pourtant, il est connu de tous à Pagaal que la plupart des princes qui gouvernèrent Pagaal se sont toujours rendus à Yokaam avant de s’installer au trône et s’y rendaient en période de trouble particulièrement grave. Le nombre des princes et des princesses qui ont fait le chemin de Yokaam, la dernière portion du chemin vers le trône, sont tellement nombreux qu’on y trouve rarement une exception sérieuse. Ce que je ne sais pas, bien qu’habitant Yokaam, c’est ce qui se trouve à Yokaam et qui aurait justifié cette considération dans l’institution de l’Etat.

 

 

 

 

Pourtant, elle sait comme tout le  monde à Pagaal, que le saltigui de Yokaam ne parle jamais avec légèreté…

 

 

Mais ce n’est pas ce qui est important. Ce qui importe, d’après ce que j’entends du peuple, c’est ce que verrons et diront les assises ou la concertation nationale et ce qui se fera à la suite de leurs conclusions et de leurs recommandations.

 

En ce qui me concerne, j’écoute Yokaam. Je sais que je ne suis pas le seul à voir ces hommes qui sont venus se masser devant la concession du saltigui de Wéthiar Ndigil à Yokaam. Je ne sais pas quand est-ce qu’elle se tiendra, mais ce qui est sûr, c’est qu’il y aura une réponse ou des réponses à la demande de vérité au sujet du mal multidimensionnel qui sévit à Pagaal. On ne peut pas rester sans réponse à une demande aussi fondamentale et vivre dans le calme.

Je crois que ces hommes et ces femmes de tout âge qui sont venus se masser devant la concession du saltigui de Wéthiar et qui ont encerclé la concession comme s’il craignaient qu’il ne s’exile par d’autres issues de secours, ne sont pas peut être venus pour savoir. Je crois comprendre que ces hommes font partie aussi du corps des architectes du bien et cette assemble est celle qui instruit le saltigui de Yokaam qui à sont tour devra clairement répondre aux questions du moments qui agitent la cité ou qui agitent le monde et tous les hommes sur la terre.

 

Le peuple de Pagaal n’a pas seulement besoin de manger et de boire. Il veut aussi savoir pourquoi ce navire a coulé dans les eaux de l’océan Jotnaam il y a de cela 200 ans quand lui-même actuellement gardien de la tradition, n’était pas encore né. Ils veulent savoir pourquoi les médecins les plus habilités et les autres services investis de la même autorité à Pagaal, peinent à faire les diagnostics sur ces morts au sein des hôpitaux, dans leur propre lit et dans les rues et dans les plages et à trouver les solutions requises si autant qu’ils le laissent entendre, ils sont investis de ses savoirs et de ses savoirs faire du développement. Ils peinent aussi à découvrir les causes de cette baisse de la volonté ,du coefficient intellectuel, de la mémoire, de l’attention chez les hommes de Pagaal, notamment chez les jeunes en instruction dans ces différentes institutions d’enseignement, du plus bas au plus élevés.

 

 

Moi aussi je veux savoir tout cela et depuis longtemps que j’attends, je n’ai pas encore reçu de réponse satisfaisante. Comment ce pays dont on dit qu’il fut l’espace le plus nanti de toutes les sortes de richesses du monde naturel et culturel a-t-il basculé sur le chemin de la rareté extrêmes en toutes sortes de biens ?Je voudrais vraiment savoir et les assises et d’autres rencontres de diagnostic seront véritablement utiles  si elles arrivaient à me dérouler les causes de tout ce changement.

 

J’aimerais bien savoir pourquoi à Guirore où se trouvent toutes sortes de richesses, les vies qui semblent en posséder la plus lourde part surtout, peinent à trouver la satiété.

 

 

Je n’irais pas aux assises car pour les assises, il n’y a pas de public. J’irais à Yokaam où tout le monde aura le droit de parler en groupe ou au nom de sa seule personne. Cela me semble plus naturel et la vérité est rarement en dehors de la nature.

 

 

Quoiqu’il puisse arriver, même si je meurs, mon âme ira écouter le Khoy de Yokaam, car je ne saurais arriver au près de Dieu en mourant avec une telle insatisfaction, puisqu’à Yokaam, très jeune aux côtés de mes premiers maître aux enclos, j’ai appris que nulle âme insatisfaite de son existence au sein du monde de la terre, ne saurait retourner à sa source dans le monde du ciel. Chaque âme humaine est née en toute liberté et dans la satisfaction, et c’est pourquoi toute âme est condamnée à retourner au près de Dieu avec l’objet unique de sa satisfaction qu’elle est venue chercher dans le monde de ses biens.

 

 

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