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L’échec ou la réussite d’un attentat terroriste dépend de la surveillance que le terroriste exerce sur sa propre intimité et sur son environnement, et de la surveillance qui est exercée sur lui par l’environnement de son projet. Le terroriste s’engage dans son projet parce qu’il se sent séparé d’une composante existentielle qui est nécessaire pour donner et accomplir un sens qu’il s’est choisi parmi les sens et les valeurs possibles que l’existence humaine, individuelle et collective peuvent prendre dans les représentations de toutes choses sortant des diverses industries humaines. Le terroriste ne veut pas seulement supprimer une vie humaine, parce que le terrorisme rationnel et qui mérite qu’on engage la vie pour un homme libre ou sur les chemins de la liberté, doit viser une cible précise pour ne pas se transformer en une folie meurtrière qui emporte l’acteur dans le néant et sans aucune sépulture digne de souvenir. Le terroriste vise toujours, répond toujours à un appel qui vient, contrairement à tout ce que l’on pourrait penser, des profondeurs de l’intimité. Aucune autorité, aucune instance ne peut pousser un homme lucide à choisir de se tuer quand il veut encore vivre. Dans certain cas, le suicide est parmi les actes les plus lucides de l’existence. Le terroriste cherche toujours à supprimer une terreur dont il est l’auteur imaginaire ou dans laquelle un fâcheux accident de l’histoire l’aurait involontairement précipité et par son acte, il veut non pas dire, rien promettre, mais se donner tout entier, accomplit sa tâche et s’en aller toujours au paradis même si les autres le voient dans l’enfer. Je ne crois pas qu’un terroriste puisse regretter de mourir ou d’avoir fait ce qu’il a fait. Camus l’a bien dit, les humains révoltés d’aujourd’hui de l’existence ne sont pas des enfants de chœur. Contrairement à tout ce que l’on pourrait croire, le terroriste véritable cherche à apaiser la terreur et jamais la terreur dont il est le seul à souffrir. Le terroriste conscient et révolutionnaire n’est pas un revanchard, un rancunier, mais un homme décidé dans la dernière et l’ultime œuvre de son existence. Mourir pour une cause, même celle du diable vaut quelquefois mieux pour certains humains, que mourir dans un lit d’hôpital sans se débattre comme si la mort était la chose recherchée et non pas la vie et la pleine vie. Ce n’est pas par lâcheté que le terroriste se cache, cela fait partie de son pouvoir que de se dissimuler dans le semblable avant de surgir dans le semblable pour marquer hautement la différence. Ce n’est pas une apologie c’est Ma compréhension de l’humain dans tous ses écarts possibles avec la multitude, même si certains ne veulent entendre aucune « explication » ou compréhension comme si vouloir comprendre était aussi un délit d’existence. Le plus haut des délits et des erreurs est de vouloir combattre ce que l’on ne comprend pas clairement si c’est possible et tout ce que l’homme fait et a déjà fait selon Thomas Hobbes est déchiffrable par lui-même ou par un autre humain. Il y a des jours où tout doit se renverser pour que quelque chose d’autre puisse jaillir du monde et s’exprimer et ces jours arrivent toujours parce que c’est un jour de cette espèce dans le temps qui chassa l’homme en dehors de la nature. Le soldat qui est posté nuit et jour à la frontière, le gendarme qui est derrière lui dans la chaîne et le policier qui est derrière le gendarme, eux aussi sont séparés de quelque chose. Ils sont séparés du terroriste qu’ils attendent et qui est peut-être déjà passé et ils sont séparés de la sécurité qui est nécessaire à la cité, au peuple et à la nation. Il n’est pas lui le soldat du peuple et de la nation, non plus fait un choix à la portée de tous. Choisir d’être debout aux premières portes de la mort quand les autres tremblent rien qu’en entendant ce monstre naturel lui aussi, frappant, pas toujours, à l’improviste, là où personne n’attendait sa présence invincible parce qu’inscrite pour une nécessité connue ou inconnue des humains et des autres vivants. Un soldat en tant qu’intimité humaine, en tant qu’intimité d’un corps d’Etat, d’un peuple et d’une nation ou du monde, sans aucune nation d’appartenance si ce n’est celle de l’humanité, n’est pas un terroriste et n’est pas toujours l’instrument d’une terreur dont il connaît et adhère à la fin ou dont il ignore tout, des fins, mais le terroriste et le soldat sont dans le même métier, dans la même tache, le métier de berger dans la surveillance de l’existence.

Le terroriste comme le soldat sont des humains comme tous les autres, mais il y a une philosophie de l'existence, une philosophie de la vie et de la mort qui sont propres au terroriste et aux soldats et cette philosophie est universelle.