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Aristote: l'animal politique naît toujours de la conscience du risque

INTRODUCTION

Un jour, dit Rousseau reprenant Aristote, au milieu de l’immense catastrophe généralisée annonçant sa sortie de l’état de nature, l’homme découvrit qu’il était quelque part un animal politique séparé de ses semblables à retrouver, pour espérer assurer sa survie et trouver ce qu’il est venu chercher dans cette autre région du monde où il vient d’entendre une part de son destin. Un animal politique, ce n’est pas seulement un être vivant sensible mais aussi et surtout, un animal dans l’intimité duquel se réveillent la conscience du risque annoncé par l’instinct, et en même temps, le devoir , le droit et la pleine volonté et la décision de faire face à tous ces dangers encore pas tous visibles mais bien présents parce que profondément ressentis dans sa propre intimité et en dehors de son intimité à la fois fermée et ouverte aux autres, et se propose d’influencer le mouvement d’extension ou de compression des pouvoirs positifs et des pouvoirs négatifs dont il sent la présence dans propre intimité et dans d’autres intimités d’autres existants proches ou éloignés et dans son environnement physique et institutionnel, en vue d’arriver individuellement ou collectivement à une fin bien mesurée, connue, voulue, désirée et choisie parmi d’autres possibles dans un monde en perpétuellement extension et compression sous les mouvements à la fois séparés et solidaires, volontaires et involontaires de ses pouvoirs. Si l’homme est un animal politique, parmi ses devoirs, ses droits et ses pouvoirs les plus anciens, figurent celui de s’interroger sur sa présence et sa condition dans ce grand ensemble de l’existence qu’on appelle monde ou univers. C’est ce devoir plus que mon droit que je pourrais autant faire valoir, qui m’assure que je peux prendre le chemin de ces Rechercherches philosophiques sur la condition humaine dans l’existence sans la moindre inquiétude, si ce n’est la peur de tomber au cours de ce chemin, dans l’insensé ou dans l’absurdité par quelque déficit de ma raison qui ne saurait jamais quitter celles de tous les humains.Je n’ai rien reçu que je devrais par quelque contrainte ou que je voudrais librement communiquer aux autres. Je ne fais qu’essayer de comprendre à ma manière, par ma sensibilité physique, intellectuelle, morale et politique, de construire, de reconstruire, de donner un sens et une valeur à ce que l’observation de l’existence m’autorise à croire ou à démontrer. Mes amis m’appellent familièrement « Philosophe », à tort ou à raison ou par moquerie. Si être philosophe est un devoir de penser, c’est alors pour assurer mon devoir à l’égard de ces amis qui s’occupent ailleurs dans des activités qui leur sont utiles, qui me sont utiles et donc utiles pour la société.Nos sources de renseignement nous indiquent dans le Dictionnaire Larousse et ailleurs, que pour l’esprit de la culture française, « exister c’est être présent dans une étendue spatiale et temporelle », ou d’une manière générale, dans un contenant et donc avec et en tant que contenu naturel nécessaires ou accidentel. Cette vision ou cette indication ou cette condition pour fonder l’existence, est partagée par l’esprit de la culture latine qui aurait donné au français les composantes linguistiques du mot, puisque le mot exister viendrait des mots « existere » ou « exsistere » pour dire « sortir de quelque chose », « naitre de quelque chose », « se montrer », « se tenir debout », etc. Ce qui sort et ce qui entre sont de même nature ou forment une même réalité. Pour « sortir de » quelque chose d’autre ou de sa propre intimité, il faut d’abord « être présent dans » quelque chose et généralement, tout ce qui sort de quelque chose se meut pour entrer dans quelque chose d’autre. Quant aux wolofs et au sérères du Sénégal, ils déclarent qu’ « exister c’est avoir » parce que pour dire que la chose dénommée «A existe », le wolof dit que la chose « A amna » et le sérère, la chose A « A jiga ». Or « Am » veut dire « avoir » comme verbe et « Am-am » désigne l’avoir ou la propriété, la richesse, le capital, comme le mot « Jig » en tant que verbe signifie « avoir » et l’expression « O Jig » désigne la propriété, etc. Pour qu’il puisse y avoir d’entrée ou de sortie, de même que pour qu’il puisse y avoir appropriation et quelque chose à s’approprier, il faut nécessairement une activité de conception, de constitution matérielle, donc, un mouvement, une force, un pouvoir. Et selon le médecin français Edouard Claparède, dans la nature comme dans l’histoire des choses et des êtres humains, tout mouvement est causé par un rupture qui crée une insatisfaction et est donc, la recherche d’une satisfaction provisoire ou définitive, en vue de mettre fin ou de suspendre provisoirement une sensation désagréable, une souffrance physique ou morale ressentie par l’intimité en mouvement ou par une autre à laquelle elle est attachée par la nature ou par un contrat historique au sein d’une totalité solidaire. Ainsi donc je me suis dit que pour espérer arriver à une compréhension non pas intégrale de toute l’existence, mais au moins d’une portion significative de sa réalité physique et sensible ou d’une autre dimension, je pourrais chercher à comprendre. Qu’est-ce que l’existence cherche à atteindre quand elle sort de là où elle sort ou quand elle entre là où elle entre volontairement ou involontairement ? Ou bien elle cherche à donner ou alors à recevoir, car, Senghor a bien raison de voir le monde comme un gigantesque pâturage dans lequel chaque unité naturelle ou artificiellement composée par l’homme au cours de son histoire, c’est-à-dire du mouvement de l’extension et de la compression positive ou négative des pouvoirs positifs et des pouvoirs négatifs individuels dans son intimité et dans son environnement au cours de leurs actions et interactions contrôlables et non maîtrisables, est à la fois une pâture et à la recherche d’une pâture.

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